Sortir du salariat : se poser les bonnes questions

23 juillet 2018
7 min

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Sortir du salariat : se poser les bonnes questions

 

Après plusieurs événements personnels difficiles, Thierry choisit de quitter sa vie confortable de salarié pour créer sa propre activité. Aujourd’hui à la tête d’un centre de formation et de développement personnel, Thierry nous raconte les montagnes russes par lesquelles il est passé pour vivre ses rêves et les questions auxquelles il s’est accroché pour parvenir à ses fins.

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Enfant, à quel métier rêviez-vous ?

Enfant, je ne saurais pas dire. Mais adolescent, j’ai rêvé de beaucoup de choses ! Prof d’équitation, prof de math, ingénieur du son, psy, architecte d’intérieur…

Qu’avez-vous fait comme études ?

Après un BAC STI, j’ai fait un DUT en Electronique puis une formation en alternance en Gestion de Parc informatique et de bases de données.

Quels métiers avez-vous exercé ?

J’ai eu la chance de beaucoup évoluer dans mon parcours professionnel. J’ai débuté en tant qu’Administrateur système et réseau, puis coordinateur helpdesk, chef de projet informatique, manager de chefs de projets, Business developer et enfin Product Manager. Ça m’a donné une vision très large de l’entreprise, le tout au sein de grandes entreprises du CAC40.

Quel est votre métier aujourd’hui ? 

Difficile de le qualifier en un seul mot. J’ai créé mon centre de formation et de développement personnel. Ma spécialité est d’accompagner les personnes en transition de vie, tout comme TestUnMétier !

Je suis fasciné par le processus de transformation intérieur que cela induit.

Je me qualifie avant tout comme chef d’entreprise, mais aussi comme Coach, comme Formateur, et comme Infopreneur…

Qu’aimez-vous le plus dans votre travail actuel – en trois mots ?

La liberté, le sens, contribuer à un monde meilleur.

Et qu’aimez-vous le moins – en trois mots ?

La valse émotionnelle et les doutes de l’entrepreneuriat !

Comment avez-vous compris qu’il était temps pour vous de changer de voie (déclic soudain, prise de conscience progressive…) ? 

Au lendemain de mes 30 ans, j’ai débuté une procédure de divorce. Mon père n’en a jamais rien su car il est décédé 15 jours plus tard. Ces deux événements majeurs ont assurément marqué un virage important. Ça m’a fait voir que le chemin n’est pas tout tracé comme il y paraissait jusque-là, et ça m’a amené à me demander : « Qu’est-ce que je veux VRAIMENT faire de ma vie au-delà de ce que les autres attendent de moi et de mes conditionnements ? »

Il m’a fallu un long cheminement intérieur pour lever toutes les couches de l’oignon !

Cabinet ACDLH

Quels ont été vos premiers pas pour entamer votre reconversion ? 

En premier lieu, j’ai débuté une psychothérapie. Ça m’a amené dans un travail introspectif profond. Ma psy faisait aussi des bilans de compétences alors j’ai saisi l’opportunité d’en faire un. Avec le recul, je n’en retiens pas grand-chose donc je ne peux pas dire que cette méthode-là m’ait particulièrement aidé.

Par la suite, j’ai fait de nombreux stages de développement personnel, ce qui a ouvert beaucoup de portes intérieures. Les rencontres que j’ai faites, à ces occasions-là, m’ont permis de voir qu’on pouvait être heureux en faisant tout autre chose que ce que je faisais moi. Par exemple, rencontrer des experts en permaculture, heureux d’avoir les mains dans la terre et de manger leurs propres fruits et légumes m’a beaucoup marqué !

Ma transformation intérieure m’a donné envie d’accompagner la même chez les autres ! Je me suis alors formé aux métiers de Coach, Psychopraticien, puis Formateur. J’ai complété l’éventail par une formation à l’entrepreneuriat avec un grand expert international et au webmarketing avec un autre expert.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées pendant ce parcours ? Et quels ont été vos appuis/soutiens ? 

Plus j’avançais dans mes prises de conscience et dans mon parcours de formation, plus mon projet se clarifiait, plus je me sentais en décalage dans le job que j’occupais. Cela a créé beaucoup d’inconfort dans la phase de transition…

A cela s’ajoutait le fait que mon projet était de créer une entreprise, ce que j’appréhendais beaucoup pour les aspects administratifs, comptables et financiers.

J’ai trouvé du soutien auprès de personnes dans la même situation que moi. Je les ai rencontrées au fil de mes stages et formations.

Avez-vous été sur le terrain pour expérimenter le métier ? Si non, auriez-vous aimé le faire ? 

Oui et non. Mon activité d’aujourd’hui présente de nombreuses facettes. J’ai pu en expérimenter certaines au cours de mes formations, et j’ai eu la chance de pouvoir échanger avec de nombreuses personnes en activité, ce qui m’a beaucoup nourri. Ça m’a permis de me projeter. En revanche, j’ai sous-estimé tout la dimension « entrepreneuriale » qui allait avec. J’aurais aimé être mieux préparé à ça en étant d’avantage au contact de chefs d’entreprises expérimentés.

Comment votre entourage a réagi à cette prise de décision ? 

Certains m’ont pris pour un fou de quitter la situation confortable de salarié que j’avais. D’autres, au contraire, m’ont encouragé et ont été de véritables soutiens pour moi. Certains étaient vraisemblablement envieux du fait que j’ose le faire alors qu’eux-mêmes n’osaient pas se lancer.

Combien de temps cela vous a pris de changer de voie ? 

De l’émergence à la réalisation complète de cette envie, il s’est passé 5 ans. Avec le recul, ça me parait long, mais lorsque j’étais dedans, je ne comptais pas ! J’ai toutefois commencé en parallèle de mon job.

Avez-vous des conseils pour ceux qui ont envie de changer de métier ?

Si j’en avais un seul, ça serait de clarifier encore et encore votre « POURQUOI ». Changer de métier, encore plus lorsqu’il s’agit de créer ou de reprendre une entreprise est un véritable « voyage du héros » (je vous invite à lire le livre de Joseph CAMPBELL). Ça demande beaucoup d’énergie, de courage et d’abnégation. Seul un « POURQUOI » suffisamment puissant vous permettra de dépasser les obstacles.

Ensuite, je dirais que le plus difficile, c’est de changer la première fois ! Je dis ça car je m’imagine changer à nouveau beaucoup plus facilement ! Ça montre bien que c’est avant tout une négociation intérieure qui se joue (entre les peurs, les doutes, le syndrome de l’imposteur, le regard des autres…), et que l’expérience renforce la confiance en sa capacité à le faire.

Enfin, je dirais : suivez votre intuition, ce qui vous fait vibrer et construisez votre projet pas à pas en sécurisant toutes les parties de vous qui le réclament !

Et avez-vous des conseils pour ceux qui aimeraient exercer votre métier ?

Nombreux sont ceux qui veulent exercer le métier de Coach. Pour être très sincère, je pense que c’est une utopie que d’espérer vivre de ce métier-là uniquement. Il est donc nécessaire de se diversifier pour qu’il y ait des sources de revenu complémentaires, pour développer sa notoriété et sa légitimité. C’est ce qui pousse certains à devenir auteur, conférencier, formateur…

Il y a également de nombreux prétendants à l’infopreneuriat. Pas étonnant car les webmarketeurs font bien leur job en faisant miroiter des revenus astronomiques à moindre effort. La réalité est tout autre. Être infopreneur, c’est être entrepreneur. Monter une entreprise demande un réellement engagement, loin de la semaine de 4h !
Être infopreneur, c’est aussi se mettre devant une caméra, parler de soi publiquement, et développer de multiples compétences (webmaster, infographiste, copywriter, vidéaste, monteur vidéo, régisseur publicitaire, développer des partenariats, etc.), ce qui n’a rien d’anodin !

Est-ce que c’est facile ? Non !
Est-ce que ça vaut la peine de poursuivre ses rêves ? Je le pense, oui !

Mon conseil pour garder le cap au milieu de tout cela : Se faire accompagner par un professionnel et s’entourer !

Un dernier mot ? 

J’aime particulièrement ce proverbe africain : Peu importe ce que tu décideras de faire, assure-toi que cela te rende heureux !

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