Marina : « Pour rien au monde je ne reviendrai en arrière ! »

18 juillet 2018
6 min

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Marina Bourgeois : « Pour rien au monde je ne reviendrai en arrière ! »

Oser rêver sa carrière. Ça vous parle ? Eh bien, c’est le nom de l’entreprise que décide de créer Marina quand elle est rattrapée par son appétence pour les relations humaines et la psychologie. Avant tout ça, c’était une étudiante assidue et persévérante. Elle termine d’ailleurs sa thèse avec succès et commence à enseigner… avant de réaliser, plus tard, que sa place est tout à fait ailleurs. 

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Enfant, à quel métier rêviez-vous ?

Je n’ai aucun souvenir d’avoir eu des métiers rêvés en particulier lorsque j’étais petite… Ah si, peut-être marchande de crêpes, mais ça m’est très vite passé…

Qu’avez-vous fait comme études ?

Je suis un pur produit de la fac de droit. Docteur en droit, je suis allée jusqu’au doctorat.

Quels métiers avez-vous exercé ? 

J’ai commencé à exercer la profession d’enseignant-chercheur en droit des affaires à l’Université parallèlement à la préparation de ma thèse de doctorat. Puis je suis ensuite partie en business school où j’ai passé de nombreuses années à enseigner et à écrire des articles et livres sur mes sujets de prédilection d’alors (droit des sociétés, entrepreneuriat, etc). J’ai adoré l’enseignement. Rentrer dans une salle de cours et devoir embarquer des étudiants sur des sujets souvent peu glamour est un vrai challenge. On tisse par ailleurs de très beaux liens avec les étudiants que l’on voit évoluer (certains viennent aujourd’hui me voir pour se reconvertir ou décrocher un poste en particulier, c’est drôle). La recherche en droit beaucoup moins…;-).

J’étais également et parallèlement chasseuses de têtes, toujours dans le secteur juridique. Je « chassais » des perles rares pour des cabinets d’avocats, directions juridiques et études de notaires.

Et puis un jour, j’en ai eu marre. J’enseignais dans une ville loin de la mienne. Le droit ne m’intéressait pas. J’ai longuement hésité car je craignais de me lancer dans toute autre chose. Je n’avais aucune idée de ce que je pouvais faire en dehors du secteur juridique.

LIRE AUSSI : J’ai eu plus de 15 métiers différents

Quel est votre métier aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je suis Dirigeante de la société Oser Rêver Sa Carrière. J’ai créé « ma petite entreprise » dédiée à l’accompagnement à la reconversion professionnelle et à l’épuisement professionnel. Je suis également l’auteure d’un ouvrage pratique du le burn-out :  (Burn-Out. Le (me) comprendre & en sortir).

Qu’aimez-vous le plus dans votre travail actuel – en trois mots ?

Liberté – proximité – créativité

Et qu’aimez-vous le moins – en trois mots ?

Je suis incapable de trouver une chose…plutôt bon signe non 😉  ? Je vais faire un effort : peut-être le rythme parfois effréné d’une entrepreneuse devenue chef d’entreprise. Manager n’est pas non plus mon fort en ce sens que n’aimant pas recevoir d’ordres ou de consignes altérant ma liberté de choix et d’actions, je n’aime pas le faire subir aux autres. J’essaie donc d’agir en ce sens…

Comment avez-vous compris qu’il était temps pour vous de changer de voie (déclic soudain, prise de conscience progressive…) ?

J’avais depuis très longtemps un vrai questionnement de fond sur la pertinence du parcours juridique pour moi. J’étais, plus jeune et notamment au moment du démarrage de mes études, bien plus attirée par la psychologie, les ressources humaines et les parcours humains. J’ai toutefois persévéré dans le droit et plutôt très bien réussie mes études. J’avais réussi à trouver un « compromis avec moi-même » : je n’aimais pas la technique juridique. Je savais donc que je ne serai jamais avocate, ni magistrate, ni juriste. C’est donc assez naturellement que je me suis dirigée vers des métiers où l’humain était primordial : l’enseignement et le recrutement.

Ce compromis a tenu jusqu’au moment où, bien plus âgée, après une première carrière de 15 ans très dense, je me suis retrouvée confrontée à un problème de sens et d’alignement avec moi-même. Cela a été compliqué : la peur est prégnante après autant de temps passé dans un secteur. C’est donc une prise de conscience progressive accompagnée d’une impossibilité de pouvoir continuer à me mentir à moi-même qui m’ont poussées à mettre un point final à ce chapitre de ma vie pour en ouvrir un autre…

Quels ont été vos premiers pas pour entamer votre reconversion ?

Je me suis fait accompagnée. J’ai fait un bilan de carrière dans lequel je me suis énormément investie. Je me suis également beaucoup renseigné.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées pendant ce parcours ? Et quels ont été vos appuis/soutiens ?

Le flou au départ a été très anxiogène. J’étais dans le brouillard, sans la moindre idée de quoi faire et puis, grâce au bilan, les nuages se sont vite dissipés. J’ai rencontré beaucoup de gens, je me suis bougée (je suis plutôt de nature proactive et travailleuse, cela a facilité les choses).

Mon principal appui a été…moi-même et ma volonté de me sortir de ce brouillard vertigineux auquel j’étais confronté à ce moment-là de ma vie. J’ai tellement adoré mon bilan que j’ai décidé d’en faire mon métier et d’accompagner à mon tour des personnes en situation de turbulences professionnelles. J’avais une arrière-pensée : me spécialiser dans la souffrance. Je suis retournée sur les bancs de l’école, cette fois en tant qu’élève, et me suis formée à la psychologie du travail, au bilan de compétences et aux techniques de transitions professionnelles. J’ai créé Oser Rêver Sa Carrière en parallèle et aujourd’hui, c’est une jolie petite société qui marche bien. J’en suis fière et heureuse.

Avez-vous été sur le terrain pour expérimenter le métier ? Si non, auriez-vous aimé le faire ?

Oui, j’ai rencontré beaucoup de consultants en bilan de compétences, de coachs, de psychologue du travail, de médecins du travail. Ces rencontres étaient absolument indispensables pour choisir et trancher en pleine connaissance de cause.

Comment votre entourage a réagi à cette prise de décision ?

Très bien. Mon mari, mon fils, mes parents et mes amis savaient bien que le droit n’était pas fait pour moi et moi pas pour le droit. Il y avait une incompatibilité. C’est d’ailleurs très drôle car lorsque j’ai commencé à me former à mon second métier, j’ai passé (dans le cadre de mes différentes formations) plusieurs tests desquels il ressortait systématiquement que je n’étais pas du tout faite pour ce type de métier… (avec toute la relativité, bien entendu, que l’on peut accorder à un test réalisé isolément).

Combien de temps cela vous a pris de changer de voie ?

Au total 2 ans.

Avez-vous des conseils pour ceux qui ont envie de changer de métier ?

Je crois en la force de l’accompagnement : avoir une méthode, avancer en étant cadré(e) par un professionnel neutre et objectif est indispensable pour préparer au mieux une bifurcation ou une reconversion, multiplier les rencontres et aller sur le terrain.

Un dernier mot ?

Devenir qui on est vraiment n’est pas une mince affaire, cela prend du temps, de l’introspection, de la réflexion et de l’action mais, comme beaucoup de reconvertis, j’ai plaisir à dire que « pour rien au monde je ne reviendrai en arrière » !

Merci d’avoir partagé avec nous ce beau parcours 🙂

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